La mémoires des lieux – Concours de St Girons

On ne peut louper la foire du lendemain de la Toussaint (on ne dit jamais la foire du jour des Défunts) à St Girons. Du Pays basque, d’Aragon, de Catalogne et surtout du Val d’Aran et d’Andorre, sans parler de nos voisins Bigourdans et Commingeois on se retrouve sur le foirail de la capitale du Couserans croustie de petits mulets.

 

A propos de défunts, les décès de poules, poulets, moutons et veaux culminent à cette occasion, pour fournir auberges et tavernes en pleine effervescence !

 

Monsieur le Préfet dans ses rapports, parle « d’industrie mulassière revenu non négligeable pour les populations montagnardes », c’est dire l’importance de cette reproduction.

 

Les marchands Espagnols fournissent les baudets et achètent des muletons dans des tractations plus ou moins équilibrées. Simultanément, le Haras National de Tarbes s’efforce, avec davantage de moyens, d’acquérir des baudets du Poitou, père de Mulets plus volumineux.

 

Quant aux mères, je vous le donne en mille, elles ne sont autres que nos chères juments Montagnoles, autrement baptisées Castillonnaises ou St Gironnaises pour ceux qui les côtoient uniquement sur le foirail.

 

Ceux de la plaine s’efforcent d’acquérir des juments Bretonnes et Percheronnes dans le meilleur des cas et plus souvent d’infâmes bâtardes baptisées Mulassières. Cette jumenterie, vous le devinez, ne pourrait en aucun cas affronter les conditions de vie de nos petites montagnardes aux nez et flancs roux, mais elles « pondent » plus grand et plus lourd.

 

Le tout est que tout ce monde, quel que soit son dialecte, fait de l’argent.

 

Las, les miracles ne durent pas. Très brutalement au moment de la dernière guerre, le commerce des mulets qui rapportaient trois fois plus que celui des poulains, tombe en désuétude.

 

Certes la foire demeure, avec un bref sursaut lié aux besoins de l’Agriculture. Chevaux Ardennais et Bretons amenés par des marchands Toulousain ou Perpignanais ont un certain succès surtout s’ils sont prêts à travailler.

 

Hélas, ce succès éphémère, n’empêche pas d’année en année, de voir cette foire désertée, uniquement peuplée de sujets de 3e ordre en dehors de quelques poulains de viande, au point d’être totalement abandonnée.

 

Mais vous n’ignorez pas que les objets, tout comme les lieux ont une mémoire.

Imaginez la joie de ce foirail de se voir à nouveau peuplé de chevaux, ânes et mulets, entendre braire, hennir, de voir les alentours ornés de leur crottin. Et, qui plus est, loger la buvette à défaut de taverne, servant « tapas » et coups à boire !!

 

Voilà le miracle qui s’est accompli les onze et douze Octobre 2025. Au lieu de sabots de bois, d’espadrilles, de baratines et de bérets, la jeunesse affichait bottes et tenues d’équitation. Il s’agissait pour elle, non pas de vendre des muletons mais de mettre en valeur ses chevaux de Merens, de Castillon et ses ânes des Pyrénées.

C’est en effet « en robe de mariée » que ces éleveurs avertis, se devaient de présenter leurs animaux reproducteurs aux différents jurys, dont le regard aiguisé valait bien celui des maquignons de jadis.

 

Répartis selon leurs classes d’âge, les poulains et pouliches d’1 an et 2 ans se sont succédés ainsi que les poulinières accompagnées ou non de leur progéniture de l’année.

 

Mention spéciale pour les 3 ans hongres ou pouliches également jugés sur leur aptitude sous la selle.

Quant aux candidats étalons, ils passaient là beaucoup plus qu’un bachot, puisqu’en dehors de leur « look » rigoureusement calqué sur les standards de la race, ils jouaient leur permis de reproduire au travers d’une série d’examens montés et attelés.

 

Que de chemin parcouru depuis 1996, date de la reconnaissance officielle de la race par le Ministère de l’Agriculture !!

 

Le fait de réunir dans une même « mostra » les 2 variétés de chevaux Ariégeois ainsi que les ânes fort nombreux jadis en Ariège, tient aussi de la gageure. C’est dire la foi des néos éleveurs. Ceux-ci attendent vos encouragements lors des concours de l’année prochaine. Qu’on se le dise !

 

Olivier COURTHIADE

Janvier 2026.

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