La disparition des populations locales de chevaux improprement appelés « de trait »

On peut répondre à première vue : lors de la création des Livres Généalogiques chevalins appelés Stud-Books :

  • 1883    PERCHERON
  • 1885    POITEVIN
  • 1886    BOULONNAIS
  • 1903    AUXOIS
  • 1903    TRAIT du NORD
  • 1908    ARDENNAIS
  • 1909    BRETON
  • 1936    COMTOIS, nommé antérieurement Ardennais de Franche-Comté depuis la création du Syndicat des Éleveurs en 1919. Antérieurement MAICHARD.
  • 1942    COB qui deviendra COB NORMAND
  • 1947    AUGERON

                     TRAIT du MAINE

                     BERRICHON

                     BOURBONNAIS

                     NIVERNAIS, ne recruteront plus dans l’indigénat, n’utilisant que le Percheron en tant qu’améliorateurs.

  • 1946    ARIEGEOIS
  • 1958    SELLE FRANCAIS
Juments Percheronnes

          En affinant l’enquête, on ne peut attribuer aux seuls Haras Nationaux cette responsabilité. Les Syndicats d’Éleveurs, en effet se créent simultanément. Ils sont souvent le fait d’aristocrates terriens mais pas uniquement. Ces nouvelles organisations sont généralement en butte avec les projets des Haras, lesquels, totalement inféodés au Ministère de la Guerre, s’évertuent coûte que coûte à fabriquer des chevaux de selle avec force « bourdons » Normands …

          Ces chevaux, généralement sous-payés par le Service des Remontes Militaires, longs et difficiles à produire, intéressent fort peu la paysannerie car c’est le « gros cheval » qui paye.

Postiers Bretons

            Cependant, pour des raisons marchandes, la garantie des origines est inéluctable. C’est, en particulier dans le Perche où les Américains enlèvent les meilleurs sujets, que ce contrôle devient indispensable. Il donnera lieu à des fortunes quasi-mythiques en Amérique du Nord et plus que confortables en Normandie. Le ton est donné.

            Par suite, les Bidets Bretons et du Cotentin, ambleurs naturels, ceux du Gers excellents trotteurs, les ragots de St Bonnet (Hautes Alpes), les chevaux de l’Ariège et de Cerdagne, les mulassières du pays d’Ossau (Basses Pyrénées), les Barraquands du Vercors et j’en passe, s’acheminent vers une mort inéluctable. Trop légers pour le commerce, d’autant plus que l’Agriculture se mécanise et nécessite davantage de volume et de poids au détriment de la rusticité. De plus, l’automobile arrive.

            Une grande partie de l’abondante production mulassière du Sud subit le même sort.

            Ces chevaux frugaux, souvent utilisés comme carrioleurs, voituriers (c’est à dire bâtés) et montures, laissaient aux bovins, à leurs tours abandonnés, les travaux du sol.

            Dès lors, on assiste à de « Grandes messes  » lors des Concours Spéciaux en berceau de race, où les sept Inspecteurs Généraux des Haras ne manquent pas de se rendre. Y sont également dignement reçus les Délégués Étrangers civils ou militaires en provenance d’Espagne, Italie, Allemagne, Suisse, Russie, Japon …

            La France peut s’enorgueillir. Elle est au top niveau par la qualité et la variété de ses races de trait, particulièrement mises en valeur lors du Concours Central des Animaux Reproducteurs. Celui-ci se tient au Grand Palais à Paris, jusqu’à la veille de la Guerre.

            Dès lors, les Haras Nationaux peuplent leurs écuries des plus beaux reproducteurs de trait, acquis à prix fort pour la plus grande satisfaction des heureux vendeurs.

            Mais, au-delà des nécessités économiques ponctuelles et des effets de mode, il faut se rappeler qu’une source, même si elle est obturée, trouve toujours son chemin.

            C’est ainsi, par exemple que trois « races » sous poil bai ont resurgi de l’ombre : L’Auvergnat à base de petit Ardennais, le Barraquand lui-même inspiré du ragot de St Bonnet (qui se remontait dans les Ardennes), les Ariégeois inspirés du Breton et du Percheron sur une base Espagnole. On ne peut que leur souhaiter longue vie et féliciter ceux qui se sont attelés à la tâche …

            Lorsqu’on parle de « races abandonnées », il ne faut pas oublier l’influence terriblement efficace de l’Inspecteur Général de l’Agriculture, QUITTET. Il souhaitait par exemple deux seules races de vaches laitières et deux seules races de bovins de boucherie. Sans commentaires …

Olivier Courthiade

Avril 2025

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